La Panacée : un laboratoire d’expérimentations
Un site ancré dans l’histoire et la fluidité
Installée dans l’ancien Collège royal de Médecine du XVIIIe siècle, la Panacée est un lieu où la réactivation patrimoniale rencontre une scénographie d’une grande souplesse. Au cœur de l’Écusson, labyrinthe montpelliérain, la Panacée accueille le visiteur dans des volumes blancs, traversés par la lumière naturelle. Les espaces, accessibles librement, laissent le regard s’étirer dans des cours, des alcôves, des salles ouvertes. On circule ici sans contrainte, l’œil captant tantôt la rigueur du bâti, tantôt la fantaisie d’une installation, la matière d’un sol ancien ou le velouté d’un rideau contemporain.
Ce choix d’implantation et d’agencement influence grandement la façon dont la création s’y expose: la Panacée privilégie un rapport immédiat, évolutif, où l’œuvre s’adapte à l’environnement et non l’inverse. L’absence de cloisonnement strict favorise les regards croisés, les dialogues spontanés, la découverte fortuite.
Programmation : la vitalité des pratiques émergentes
La Panacée porte une mission claire : soutenir la jeune création, explorer la pluralité des médiums, donner place à l’expérimentation. Ce sont ainsi de jeunes artistes, locaux ou internationaux, mais encore peu institutionnalisés, qui trouvent ici un terrain d’expression. La programmation répond souvent à une logique de thématiques prospectives, mettant en avant des enjeux contemporains : écologie, mutation des corps, rapports à la technologie, nouvelles narrations.
- Expositions collectives explorant l’actualité artistique
- Résidences d’artistes, développant des projets « in situ »
- Evénements hybrides : performances, lectures, ateliers, festivals
On y retient, par exemple, les programmations pluridisciplinaires telles que “universalisme” (2020), rassemblant 32 artistes de 14 pays, réflexion sur la circulation des idées d’un continent à l’autre ; ou encore la saison “Oracles du Possible” (2022-23), qui proposait au public de s’emparer des œuvres pour questionner l’avenir commun (source : franceinfo.culture).
La Panacée fonctionne ainsi comme une « chambre d’essais », flexible, réactive aux urgences du présent. Les commissaires y adoptent souvent une posture de médiateur, concevant des dispositifs immersifs et mouvants, où chaque visite devient une expérience sensible, jamais figée.