Le MO.CO. : architectures d’intentions et enjeux de scénographie
La création du MO.CO. (Montpellier Contemporain) en 2019 marque une étape singulière pour le paysage culturel de Montpellier. Regroupant sous une même bannière l’Hôtel des collections, le MO.CO. Panacée et l’école MO.CO. ESBA, l’institution ambitionne de redéfinir la place de l’art contemporain dans la cité. L’Hôtel des collections, installé dans un ancien hôtel particulier du XIXème siècle, dialogue avec les volumes épurés de la Panacée, espace d’exposition phare du centre historique. Cette pluralité architecturale est, dès l’origine, un terrain de jeu pour la scénographie.
Entrer au MO.CO., c’est traverser des espaces où l’architecture n’est jamais un simple contenant. Elle façonne la circulation des corps et du regard, impose des perspectives, rend les œuvres plus proches ou plus lointaines, selon un parti-pris toujours lisible. L’approche scénographique s’y distingue par une attention marquée à la relation entre le public, l’œuvre et le lieu, dans une volonté affirmée de faire de chaque exposition une expérience renouvelée, jamais reproductible à l’identique ailleurs.
Le rôle de la scénographie au MO.CO. n’est donc pas uniquement de présenter ou de mettre en valeur ; il s’agit de composer, voire de chorégraphier, la rencontre entre l’art et le public, en ménageant des seuils, des rythmes, des respirations. Si l’on souhaite comprendre la réception des œuvres contemporaines dans cet espace, il convient d’analyser précisément comment ces choix influent sur la perception, la sensation, l’intelligibilité des propositions artistiques.