Au cœur de Montpellier, légèrement en retrait de la vivacité urbaine de la place de la Comédie, le Musée Fabre offre à qui le franchit une expérience architecturale autant qu’artistique. Avant même de contempler la première toile, c’est l’organisation du lieu qui oriente le visiteur : passer des prémices de l’hôtel de Massilian aux galeries contemporaines, longer une enfilade de salles où la lumière naturelle pénètre timidement… Chaque déambulation se nourrit d’une perception particulière, variant selon le moment du jour, le nombre de visiteurs, la manière dont le silence ou le bourdonnement des voix s’installent dans les galeries.
L’architecture du musée, hybride affirmé entre patrimoine XVIIIe et modernité (la grande rénovation orchestrée par Philippe Dubois en 2007 n’a rien laissé au hasard), accompagne la logique du récit des collections permanentes. Ce parcours permet non seulement une immersion progressive dans l’histoire de l’art européen, mais met aussi en valeur les filiations régionales – fil rouge discret mais continu, toujours ancré dans les murs autant que dans les œuvres.