Circuler, découvrir : le parcours, une dramaturgie spatiale subtile
À l’intérieur du Musée Fabre, le parcours n’est jamais linéaire. Il épouse les contours de l’ancien hôtel particulier, ses enfilades de pièces, ses escaliers monumentaux, mais s’enrichit aussi de séquences plus libres, issues de la modernisation. On retrouve ainsi, au fil de la visite, une alternance maîtrisée entre
- Espaces de transition : couloirs, vestibules, halls et passages de lumière qui préparent à l’immersion dans chaque nouvel univers.
- Zones de rupture : ouvertures soudaines sur des patios, changements d’échelle, variations de l’acoustique et de la température qui relancent l’attention du visiteur.
- Salles thématiques : chacune, par ses proportions, ses matériaux, sa décoration, s’accorde à la nature des collections qu’elle abrite.
La scénographie y trouve une alliée précieuse : impossible, dans cet espace, de "zapper" une salle – le cheminement impose de prendre le temps, d’embrasser l’entièreté d’un espace avant de passer au suivant. L’expérience du visiteur en ressort profondément structurée : on se souvient de la déambulation, des escaliers qui relient les époques, des perspectives ouvertes sur la ville à travers des fenêtres autrefois privées. Le musée, ici, n’est jamais simple boîte blanche, mais organisme stratifié.
Ce dialogue entre ancien et contemporain confère d’ailleurs aux expositions temporaires une dimension supplémentaire : chaque installation doit s’ajuster à la mémoire du lieu, aux contraintes d’un espace conçu pour résister au passage du temps.