Le Musée Fabre n'est pas seulement un conservatoire de chefs-d’œuvre ; il se présente, d'emblée, comme un ensemble architectural hybride, à la fois héritier du XVIIIe siècle et incarnation d’une modernité assumée. Nombreux sont les visiteurs qui, franchissant la place de la Comédie ou longeant l’esplanade Charles de Gaulle, évoquent cette impression de seuil, de passage progressif entre le tumulte urbain et la retenue feutrée des espaces d’exposition. Ici, la façade d’origine de l’Hôtel de Massilian – sobre, solennelle, à peine interrompue par le portail monumental – dialogue avec les ajouts contemporains, notamment la lumineux aile Jean-Pierre, conçue lors de la grande rénovation menée par l’architecte Brochet-Lajus-Pueyo entre 2003 et 2007 (source Musée Fabre).
Ce dispositif architectural marque un temps d’arrêt : on quitte la ville pour entrer dans un autre rythme. La tension entre le classicisme des pierres blondes et la transparence du verre, la noblesse des ferronneries anciennes et la sobriété des lignes nouvelles, tout cela prépare en silence l’œil et l’esprit. Le musée ne cherche pas à écraser, mais à accueillir, à signifier que la contemplation a ses lieux, et qu’ici, elle sera favorisée par une attention portée à la lumière, à l’échelle et à la circulation.