L’Hérault : des musées territoriaux, un ancrage contemporain affirmé
Passer les frontières de Montpellier ne signifie pas quitter la peinture contemporaine : au contraire, l’Hérault s’est progressivement affirmé comme un laboratoire de la création actuelle, souvent en lien avec le patrimoine local, le paysage ou l’histoire industrielle.
Musée Paul Valéry (Sète) : la Méditerranée en couleurs
Surplombant le cimetière marin, le Musée Paul Valéry à Sète déploie sa façade blanche face à la mer. L’architecture lumineuse du bâtiment, inauguré en 1970 puis rénové en 2010, prolonge la clarté des salles vers le bleu du large (source : Musée Paul Valéry).
- Collections et exposition : la section contemporaine du musée s’est développée autour d’artistes liés à Sète ou à la région Occitanie : Robert Combas (figure majeure de la Figuration Libre), Hervé Di Rosa, mais aussi de nombreux créateurs de la “Nouvelle École de Sète”.
- Programmation : en plus des œuvres permanentes, le musée accueille fréquemment des expositions temporaires consacrées à la peinture d’aujourd’hui, invitant artistes émergents comme confirmés (exemple : rétrospective de Claude Viallat).
- Scénographie singulière : la lumière latérale, les murs de béton nu, les fenêtres longues encouragent une expérience très sensorielle du rapport à la couleur, à la matière, à l’épaisseur du “tableau méditerranéen”.
À Sète, la place de la peinture contemporaine s’entend comme une continuité de la tradition mais aussi comme une projection vers une nouvelle Méditerranée, plurielle et hybride.
Musée d’Art Brut de Montpellier (La Halle Tropisme) : le pictural au seuil de la marge
Dans une tout autre veine, La Halle Tropisme – lieu hybride ouvert en 2019 dans l’ancienne caserne de l’EAI – accueille depuis peu une programmation d’art brut et singulier mêlant peinture, sculpture et installation. Si la peinture y est moins “académique”, elle se donne ici à voir dans sa fraîcheur, son insoumission à toute codification (source : tropisme.coop).
- Espace modulaire : halls industriels, lumière zénithale, accrochages éphémères renouvelés à chaque exposition.
- Focus sur les artistes “hors normes” : la Halle favorise une approche inclusive, où l’on découvre l’art pictural d’auteurs autodidactes ou à la marge, dans un dialogue renouvelé avec le public.
Ce lieu, encore en pleine redéfinition, témoigne d’un élargissement des frontières de la peinture contemporaine, désormais pensée moins comme une école ou une filiation que comme une expérience, une expression, une traversée du sensible.
Musée régional d’art contemporain Occitanie (MRAC, Sérignan) : l’échelle du regard contemporain
Dernière étape, et non des moindres : le MRAC de Sérignan. Installé en périphérie de la commune, il surprend par son architecture d’apparence minimaliste (Jean-Michel Wilmotte, puis extension de François Privat). Le musée se distingue par sa vocation exclusivement contemporaine (depuis 1991) et la variété de ses propositions picturales (source : MRAC).
- Une collection de référence : plus de 500 œuvres couvrant la scène française et internationale depuis les années 1960 – Gérard Garouste, Pierre Buraglio, Katharina Grosse, Djamel Tatah, Jean-Pierre Pincemin, et de jeunes talents repérés à la Biennale de Venise.
- Expositions thématiques et commissariats invités : annuellement, trois à cinq expositions temporaires permettent de découvrir l’actualité de la peinture, de l’abstraction lyrique à la peinture contextuelle, en passant par le retour de la figuration.
- Mise en espace : la scénographie privilégie l’échelle des œuvres, laissant place à de très grands formats, parfois monumentaux, auxquels le spectateur est convié à répondre corporellement, en déambulant dans des salles aux volumes généreux.
Le musée propose aussi une “chambre d’écho” pour les artistes locaux d’Occitanie, via des ateliers, workshops, et des résidences ouvertes régulièrement au public. Le tout s’insère harmonieusement dans le contexte rural, comme un laboratoire vivant de la création contemporaine.