Montpellier : une continuité de l’art et du bâti
L’Écusson, matrice vivante du patrimoine
Inscrit comme un palimpseste, le centre historique de Montpellier – l’Écusson – est à la fois musée à ciel ouvert et fenêtre sur les mutations urbaines. Arpenter l’Écusson, c’est jouer avec les strates du bâti, de la tour de la Babote aux lignes sobres du Carré Sainte-Anne. Sur à peine un kilomètre, on glisse du passé médiéval du Musée du Vieux Montpellier – installé dans l’Hôtel de Varennes, tout en élégance XVIIe – à la monumentalité classique du musée Fabre (plus de 9000 m² dédiés à l’histoire de l’art), dont la rénovation signée Brochet, Lajus, Pueyo & Richter (2007) a transformé l’ancien palais archiépiscopal en un espace baigné de lumière, remarquablement poreux à l’extérieur grâce à ses patios et son vaste atrium.
Au fil de ce parcours, les folies montpelliéraines rappellent l’essor du XVIIIe siècle, témoins d’un art de vivre autant que de la mise en scène paysagère à l’échelle urbaine (source : Montpellier Méditerranée Métropole). Chaque rue donne accès à des places où la culture se performe : on pense à la Place de la Comédie, cœur battant, dont la perspective se ferme sur l’Opéra Comédie – chef-d’œuvre de Cassas (1888), temple de l’art lyrique mais aussi carrefour de programmation plurielle, du ballet à la musique contemporaine.
Le dialogue entre patrimoine et création contemporaine
L’une des spécificités de Montpellier réside dans la capacité de ses lieux culturels à inscrire la création dans le tissu patrimonial. Le MO.CO. Hôtel des Collections, ouvert en 2019, offre un exemple emblématique. Installé dans les murs d’un ancien hôtel particulier du XVIIIe siècle, doté d’une extension contemporaine épurée, il unit sous une même enseigne expositions temporaires internationales et programmation pédagogique. Sa circulation fluide – jeux de niveaux, transitions transparentes entre salles historiques et espaces modernes – illustre ce que la médiation contemporaine peut offrir comme expérience traversante, abolissant la frontière entre espace muséal, espace urbain, et espace de vie.
De même, le Pavillon Populaire, sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle, lie l’histoire locale (son architecture IIIe République) à une programmation photographique internationale, faisant du bâtiment une passerelle entre la Méditerranée patrimoniale et l’actualité plastique.