Quand le lieu devient matrice : le Carré Sainte-Anne, exaltation d’un espace atypique
Au cœur de Montpellier, le Carré Sainte-Anne, ancienne église néogothique désacralisée, occupe une position singulière dans le paysage culturel local. Son volume spectaculaire — une nef centrale de 23 mètres de hauteur, baignée d’une lumière naturelle filtrée par les verrières latérales — impose d’emblée son identité. Ici, la scénographie ne cherche pas à faire oublier le passé sacré du lieu : elle négocie, au contraire, avec lui.
Les expositions monographiques d’artistes tels qu’Ernest Pignon-Ernest (Ville de Montpellier, 2016) ou JonOne (2017) témoignent de cette tension. À travers la scénographie, l’installation des œuvres épouse la verticalité, accentue la circulation axiale, exploite l’acoustique réverbérante. L’intervention de Pignon-Ernest, par exemple, avait investi tout l’espace en s’appuyant sur les colonnes et les parois, créant un parcours en strates où le spectateur franchissait, de seuil en seuil, différents états émotionnels. La présence du chœur, traité comme espace de recueillement visuel, contraste avec la nef, pensée pour l’immersion collective.
- Difficulté technique : Installation d’œuvres monumentales sur des supports historiques réversibles
- Dispositif : Parcours scénographié de la nef jusqu’au chœur, ponctué de zones d’observation et de haltes contemplatives
- Expérience vécue : La sensation d’élévation, permise par la verticalité et la lumière zénithale, transporte le visiteur vers un engagement physique et intérieur.