La salle des arts plastiques : lumière, plein, vide et échos de la création
À l’étage, l’atmosphère change radicalement. La scénographie s’ouvre sur la lumière naturelle, filtrée par les hautes fenêtres donnant sur la ville. Ici se déploie le parcours d’arts plastiques, organisé autour des grands artistes liés à la région (dont Paul Dardé, sculpteur emblématique du Lodévois, mort en 1963).
Les œuvres bénéficient d’un accrochage presque domestique : blancheur des murs, distance respectueuse entre les tableaux, socles sobres. Tout invite à la concentration quasi monacale, au silence, à la lenteur.
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Un jeu subtil sur les hauteurs et la typologie des œuvres : bronzes et bustes de Dardé dialoguent avec les grands formats de la période moderne, dans une alternance de perspectives et de gros plans.
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Des cartels concis et accessibles, rédigés pour suggestion plus que pour démonstration, favorisant l’émotion devant la compréhension “encyclopédique”.
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Présence régulière de bancs et de fauteuils bas, espace d’accueil à la contemplation ou à la discussion.
À intervalles réguliers, la scénographie ménage des respirations : murs nus, percées sur le paysage urbain, alcôves consacrées à une ou deux œuvres. Ce parti pris évite la saturation visuelle et permet au regard de naviguer entre héritage local et résonances universelles. La salle montre combien la scénographie calme – sans esbroufe mais acérée – permet un dialogue fécond entre public, espace et création.
Une particularité du musée : la mise en scène régulière d’œuvres issues des collections temporaires ou prêtées, le tout dans un équilibre recherché pour chaque exposition. Ainsi chaque accrochage revisite subtilement le lieu, y insufflant de nouvelles histoires, de nouveaux rythmes.
Source : Musée de Lodève, Salle Paul Dardé, Programme d’exposition 2018-2024